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Article publié le 21 juillet 2011.

Réforme de l’administration centrale : Réaffectation d’office des agents programmée fin juillet : Tout un symbole

Après son escapade au château de Belesbat, la directrice générale s’est livrée, au Comité Technique Paritaire du 7 juillet, avec M. FOND, à un exercice de pédagogie très à la mode en ce moment.

Il paraitrait que les personnels et leurs organisations syndicales n’avaient rien compris.. à la RGPPP et à la réforme de l’administration centrale… Bien sur, personne n’a rien compris à, la réforme des retraites, à l’austérité toujours pour les mêmes, à la paupérisation du système de santé et d’éducation. Les Français sont incultes, fonctionnaires DGCCRF compris !

Mme Homobono et M. Fond en sont persuadés : s’il y a un profond malaise, ce n’est pas de leur faute, mais de celle des agents qui ne réussissent pas encore à "s’approprier" le sens des réformes.

La réalité ne trompe personne : la réforme de la Centrale, à l’instar de celle conduite en 2010 dans les territoires, est imposée autoritairement !

En Centrale comme ailleurs, tout est déjà concocté en petit comité. En voici les preuves.

1/ l’arrêté de réorganisation de la Centrale a été publié le 28 juin.

Les nominations des chefs des nouveaux bureaux avaient vraisemblablement été décidées dans le même temps, puisqu’elles sont effectives au 28 juin, même si la publication de la NI PCM 2011-07 est datée, pour sa part du 19 juillet 2011.

Pendant l’été, on égrène les décisions par petites touches, alors qu’on a fait lanterner les agents pendant deux ans autour de ce projet de réforme. Serait ce pour que cela se voit moins ?

2/ les réaménagements immobiliers conduits "en douce"

Dans le même ordre d’idée, les plans de réaménagement des locaux, classés "top secret", sont d’ores et déjà quasi finalisés, mais frappés de la même omerta.

3/ Les agents baptisés "impactés" par l’administration (beaucoup plus nombreux que les 24 annoncés par la sous direction G en groupe en travail et au CTP) sont les dindons de la farce : leur sort est déjà scellé, avant même qu’ils ne soient, le cas échéant, reçus par la direction des ressources humaines. Les personnels de secrétariat, en particulier, n’auront pas leur mot à dire, même si dans le grand simulacre de la concertation, un ersatz de bureau de placement est actuellement ouvert à la direction du personnel.

Les discours lénifiants de l’administration sont complètement conformes aux meilleurs standards de la réforme de l’Etat : avant les décisions, rien n’est arrêté donc il est inutile d’en parler, et ensuite lorsque les décisions sont présentées, elles sont déjà actées, validées, sans que personne ne semble savoir par quelle obscure autorité lesdites décisions ont été prises.

Décidément, la gestion DGCCRF, c’est le degré zéro du dialogue social.

Le sentiment général de tous les agents : déconsidération systématique et "caporalisation". Les agents ne sont plus que des objets que l’on déplace, des "tâcherons" bons à tout faire. Ils ne doivent surtout pas revendiquer un quelconque jugement sur les tâches qu’on leur confie.

Bientôt, comme en département, les "pions" des administrations centrales de l’Etat seront interchangeables, jusque dans leur adresse mail du style jean.martin@bercy.

N’entendons nous de manière récurrente nos hiérarques déclarer : "à la direction générale, nous n’avons pas besoin de spécialistes  !" Quel mépris des qualifications !

Une autre administration est possible !

La réforme de l’administration centrale, comme des services déconcertés, poursuit plusieurs logiques :

1/ une logique budgétaire : en Centrale, cela aboutit à "épargner" l’équivalent du salaire d’un sous directeur, de deux chefs de bureau et de x centaines de m² sur le dos des agents : belle victoire !

2/ une logique de désengagement de l’Etat : à force d’alléger, en matière de concurrence, le ministre ne dispose plus que de quelques agents en Centrale. En matière de sécurité des produits industriels, un seul bureau doit gérer les dossiers. Rapproché de l’organigramme de la DGCIS, on comprend immédiatement que les intérêts des industriels passent avant celui des consommateurs.

Les directives communautaires, sources principales du droit national, se multiplient (exemple dans le domaine de l’environnement) mais les moyens humains ne suivent pas. Résultat : un recul sans précédent de l’Etat de droit et une déprofessonnialisation rampante !

3/ une logique opportuniste et communicante : le contrôle du respect des codes de commerce et de la consommation est désormais décliné selon des géométries très variables.

La DGCCRF perd peu à peu sa mission première : assurer le respect partout et uniformément des réglementations qu’elle contrôle. On fait maintenant dans le ponctuel ultra médiatisé, en se targuant d’originalité et d’adaptation aux nouvelles structures économiques, faisant semblant de croire que la réalité économique est celle des médias.

La Centrale devient une direction de "cabinet" : son lien avec les structures territoriales est de plus en plus ténu.

Les DNO se succèdent sans que la question essentielle soit posée : la France ne mérite t elle plus une police économique et sanitaire au service de la justice sociale ? La DGCCRF peut-elle y contribuer ?
Toutes celles et ceux qu’anime encore le sens du service public ne peuvent se satisfaire du démantèlement programmé de notre administration.

La DGCCRF est à reconstruire. Son potentiel fondamental existe encore : qualification professionnelle des agents, volonté d’utilité sociale et économique.

La CGT réclame le respect du droit à mutation interne de chaque agent dans le cadre de la réorganisation en cours.

Elle revendique :

1 - une gestion transparente et respectueuse des agents :

- publication sur l’intranet des comptes rendus du Conseil de direction

- réunion de bureaux et de sous directions régulières

2 - le retour du travail en équipe

La CGT ne se satisfera pas de la désignation d’un prétendu interlocuteur en septembre qui se contenterait d’entériner des décisions déjà bouclées !

Elle refuse d’ores et déjà la dégradation annoncée des conditions de travail liée au réaménagement immobilier et à la réduction des espaces de travail.

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