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Article publié le 23 mai 2011.

Motion : Effectifs : les personnels CCRF en poste à Évreux tirent le signal d’alarme - On est déjà allé trop loin dans l’Eure

La saignée dans les effectifs de la Fonction Publique met en péril les services publics au point qu’il est devenu impossible au ministre et à ses conseillers de continuer à faire semblant que tout va bien :

— « Si l’État veut continuer à assumer ses missions régaliennes, on ne peut pas aller plus loin en matière de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans certains services, a souligné mon secrétaire d’État », déclare Jean-François Verdier, DGAFP (Directeur général de l’administration et de la fonction publique) en référence aux propos tenus récemment par Georges TRON.

— Le 4 mai 2011, Georges TRON, Secrétaire d’État en charge de la Fonction publique, déclare devant la mission commune d’information du Sénat sur la RGPP « Nous avons désormais peu de marge de manœuvre sur le ’un sur deux’ ; dans de nombreux services, nous sommes à l’os ».

— Fin mars, ce dernier avait déclaré qu’il fallait « mener une réflexion sur l’évolution du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux » et plaidé pour « un mode de gestion plus souple et plus responsabilisant ».

Certes M. le Ministre,…

Comme ailleurs, dans l’Eure la RGPP s’est traduite, depuis 2007, par une baisse des effectifs devenue désormais insupportable.

Les chiffres bien sûr parlent d’eux-mêmes : 2007 les effectifs implantés étaient (hors direction) de 21 agents, en fait l’effectif réel était de 19 en début d’année pour passer à 20 en septembre, pour un temps très bref.

Effectifs de la CCRF 27

annéesImplantés théoriqueRéels en début d’annéeRéels en septembre
2007 21 19 20
2011 16 15 13
Perte 5 postes soit 24 % 4 postes soit 21 % 7 postes soit 35 %

Ainsi, ce sont 1 A, 3 B et 2 C qui ont été retirés de nos effectifs théoriques, en fait 3 A manqueront à l’appel en septembre.
Les effectifs théoriques ne sont pas atteints, c’est une habitude de notre administration centrale toujours aussi soucieuse d’apparaître comme le bon élève quand il s’agit de faire plus avec moins au point de ne pas utiliser les crédits pourtant disponibles et indispensables à notre fonctionnement.

mais dans l’Eure, on est plus à l’os on est à la moelle : des missions ne sont plus assurées !

Plus de contrôles « bactério » (sauf listéria), plus de contrôles restaurants, quasiment plus de vérification des retraits des produits industriels non conformes et dangereux, les enquêtes sur demandes des autres départements sont bloquées par la hiérarchie faute de temps, des secteurs sont abandonnés (compléments alimentaires, additifs, une grande partie de l’alimentation, les boissons), les contrôles GMS (grandes et moyennes surfaces de vente) sont fortement réduits…

De plus dans le cas particulier de la DDPP de l’Eure, grâce à l’action des personnels et de l’écho que celle-ci a trouvé auprès de la Préfète de l’Eure, la totalité des missions CCRF a été maintenue à la DDPP, ce dont nous nous félicitons (en voilà une gestion souple et responsable). Et notre attachement acharné à conserver cette situation de service de proximité pour le public, n’a d’égale que l’acharnement « du Direccte » et du chef du pôle C de Rouen à nous retirer la mission concurrence.

Alors que l’Eure, est un département qualifié de moyen au sens de l’indice Proscop, nous descendrons en septembre en dessous du nombre de 14 que toutes les organisations syndicales estiment être un plancher pour assurer les missions de la CCRF dans les plus petites unités.

Cette dégradation a aussi bien sûr un effet désastreux sur les conditions de travail ; par exemple : en diminuant les postes C implantés de 3 à 1 (!), l’administration centrale contraint la DDPP 27 à avoir recours à un emploi précaire de vacataire à l’accueil. Avec les services d’abattoir et d’inspection ce sont 4 emplois précaires qui sont en place à la DDPP qui ne compte qu’une quarantaine d’agents. Le contraire de ce que le Ministre prétend vouloir faire.

Or, comme le montre le tableau des effectifs, la perte d’1/4 ne suffit pas puisque, comme toujours, l’administration n’a pas programmé le remplacement d’une mutation et le départ en retraite d’une collègue ne sera pas remplacée.

 Comme les fédérations syndicales unanimes, en convergence avec ce que sont obligés de constater le ministre de la fonction publique et la haute administration, nous estimons qu’il faut d’urgence un moratoire sur les suppressions de postes.

 Avec nos syndicats unanimes, nous demandons les moyens d’exercer les missions du service public dont nous avons la charge, toutes les missions sans exception, au plus près des citoyens dans leur intérêt. Contre la régionalisation que nous avons toujours combattue notamment parce qu’elle est nocive en termes de conditions de travail, stress, gaspillage de temps et insécurité des déplacements et aggrave le gâchis écologique.

Tous les (onze) agents CCRF en poste à la DDPP de l’Eure présents ce jour,

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