Article publié le 29 juin 2010.
Motion des agents des laboratoires du Havre et de Rouen
Monsieur le chef du SCL,
En octobre dernier nous vous avons alerté par voie hiérarchique au sujet des conditions de travail très détériorées que les décisions de l’Unité de Direction avaient générées sur notre service. Huit mois après, le climat devient explosif tant ces décisions nuisent au fonctionnement de notre laboratoire. Personnel, matériel, activité, en passant par l’arlésienne de l’immobilier. Nous n’avons plus confiance en cette Unité de Direction qui refuse de reconnaître officiellement nos activités et de nous donner les moyens suffisants afin de satisfaire convenablement les demandes de notre principal donneur d’ordre : la Douane.
Le personnel
Les laboratoires du Havre et de Rouen connaissent le sous-effectif le plus important du SCL, passant de 12 agents techniques en poste en juin 2006 à 8 (voire 7) actuellement, soit 25% d’effectif technique en moins. Pourtant vous n’avez pas hésité à reporter de 6 mois l’intégration d’un agent promu et devant rejoindre le laboratoire du Havre, imposant aux agents en place d’effectuer un travail supplémentaire. A ce titre, n’étant pas corvéables à merci, nous espérons que ce surcroît d’activité résultant d’une décision arbitraire pourra être reconnu lors de l’attribution des quotas de réduction d’ancienneté.
Le recrutement d’un agent hors concours (qui aurait dû arriver dès juin pour pallier l’absence prolongée d’un technicien) sera appréciable en ce qui concerne la prise en charge des tâches de service. Il va de soi que cela ne compensera en rien les départs d’une directrice et d’un adjoint technique qualifié. Nous demandons la garantie du remplacement des deux agents mutés et l’affectation de 2 techniciens supplémentaires afin de reconstituer l’effectif de 2006. Pour répondre aux contraintes organisationnelles et aux diverses délégations de l’Unité de Direction sur les laboratoires, mais aussi pour des raisons de sécurité, un laboratoire de métropole ne peut fonctionner correctement sans un effectif minimal ; nous sommes déjà loin en dessous de cet effectif !
Le matériel
Mis en avant lorsqu’il s’agit d’apporter une contribution à la réduction de personnel, les laboratoires du Havre et de Rouen sont les plus mal lotis quand vient le partage des moyens de fonctionnement. Au regard des autres laboratoires, nos besoins en matériel sont très modestes. Malgré cela nous aurons à peine plus de 30 000 € d’investissement pour remplacer des matériels obsolètes et pourtant vitaux à notre activité quand les autres laboratoires bénéficieront de 150 000 € minimum en plus de leur DGF à 400 000 €. Nous demandons le dégagement d’un budget supplémentaire pour que les laboratoires du Havre et de Rouen puissent assurer le remplacement de matériels en fin de vie et permettre le développement des moyens d’analyse comme tout autre laboratoire.
L’activité
Cette répartition inéquitable des budgets trouve son parallèle dans la récente « répartition / pillage » des activités. L’accélération du trafic de marchandises sur le port et les préoccupations de la Douane renforcent le besoin d’un laboratoire de proximité réactif et polyvalent. Le Havre est la porte d’entrée du fret en provenance de la Chine. Ceci génère donc un important besoin de contrôles qui ne peuvent être réalisés rapidement que par un laboratoire de proximité. Dans ce cadre, votre offre de service est contre productive pour la Douane et constitue un gâchis pour les compétences et le savoir-faire des laboratoires. Vous justifiez la perte de nos activités du fait d’un manque de personnel mais vous avez vous-même préalablement organisé ce manque. L’activité est au Havre. Le personnel doit suivre. Il faut être conscient que réactivité, proximité et polyvalence sont indispensables pour des laboratoires collaborant avec les services de Douane. Nous demandons le maintien de notre couverture sectorielle et géographique.
En ne nous donnant ni les moyens humains, ni les moyens matériels pour fonctionner, nous ne pouvons plus assurer correctement le service. Nous ne voulons pas de nouvelles promesses ou de nouveaux engagements (la liste des engagements non tenus s’allonge…), mais des actions rapides ne se résumant pas à mettre « un pansement sur une jambe de bois ». Nous n’affabulons pas, cette souffrance au travail est réelle (notre médecin de prévention vous a déjà alerté à ce sujet) et elle ne peut plus durer.
6 agents signataires Sur 8 agents (hors encadrement) actuellement en service sur les 2 sites.





