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Article publié le 6 juin 2014.

Motion des agents CCRF du Morbihan sur les conditions de travail

Les agents CCRF du Morbihan réunis en HMI le 2 juin 2014 ont décidé à l’unanimité de dénoncer leurs conditions de travail et le mépris avec lequel ils estiment être traités au quotidien.

La période d’évaluation qui vient de s’achever illustre la mise en œuvre de techniques de management dévalorisantes.

Aucun délai respecté

Alors que l’ensemble des entretiens auraient dû être terminés impérativement avant le 31 mars 2014, ils ont débuté le 8 avril pour se terminer le 28 mai, soit bien après la réunion régionale d’harmonisation (le 26 mars) et la réunion nationale d’harmonisation (le 19 mai).

Nombre d’entretiens ont dû être repoussés car les supports d’évaluation n’ont pas été communiqués en temps et en heure aux agents.

On notera le paradoxe entre le non respect des délais pour ces évaluations et le reproche systématiquement fait aux agents pour le moindre dépassement de délai de leur part.

Ces règles de formalisme allègrement bafouées entravent les droits des agents notamment en termes de recours.

Comptes-rendus d’évaluation faits à la va vite

Tout cela pour aboutir à des comptes rendus comportant : de fâcheux copiés-collés, des erreurs, une restitution très partielle de l’activité des agents, une évaluation exclusivement fondée sur des extractions SORA. Le bilan de l’année écoulée est réduit aux seuls éléments négatifs qui ne sont pas remis dans le contexte global, ce qui donne une vision tronquée du travail des agents. Ces critiques négatives reposent le plus souvent sur des points de détail déconnectés de la charge de travail et sur des données SORA (parfois erronées) utilisées sans discernement. D’une façon générale, ces évaluations manifestent un total manque de connaissance de la réalité du travail des agents sur le fond et sur l’année au profit de données statistiques à la validité pour le moins contestable.

Des objectifs irréalisables, subjectifs

Pour finir, des objectifs 2014 fixés alors que l’année est déjà amputée de 5 mois, irréalisables et subjectifs du type « avoir un niveau d’activité suffisant » « un nombre de suites significatif » tout cela effectué dans des « délais raisonnables » : des termes vagues, indéfinis qui permettront selon le ressenti du moment d’affirmer que l’objectif est atteint ou pas.

Des objectifs qui visent à atteindre un niveau déterminé de suites administratives, voire de procès-verbaux et qui par conséquent anticipent les résultats de contrôles, constituent une pression psychologique sur les suites à donner aux contrôles qui est préjudiciable tant aux agents qu’aux professionnels.

Une règle locale innovante pour l’attribution des réductions d’ancienneté

Nous avons appris par notre hiérarchie qu’aucun agent du service ne bénéficierait de 3 mois de réduction d’ancienneté au titre de l’année 2013. Cette règle innovante aurait pour objectif de permettre l’attribution de réductions d’ancienneté à plus d’agents.

Ce système qui pourrait paraître plus égalitaire semble trouver ses limites quand on sait que des réductions d’ancienneté sont attribuées à des agents pour qui cette réduction est sans bénéfice (fin de carrière par ex).

De plus, l’absence de réduction de 3 mois peut pénaliser les agents qui solliciteraient une promotion ou un changement de carrière.

On peut se demander par conséquent si cette règle n’a pas été établie pour stigmatiser les agents qui ne bénéficient d’aucune réduction d’ancienneté pour l’année 2013.

Quoiqu’il en soit, compte tenu du calendrier, les attributions de réduction d’ancienneté avaient été définitivement entérinées par la réunion d’harmonisation régionale qui s’est tenue avant même le premier entretien ! Cela démontre que l’encadrement ne se préoccupe absolument pas de ce que les agents peuvent avoir à exprimer.

Au-delà de ces évaluations, les agents CCRF du Morbihan se situent dans un déni total du volume et de la qualité du travail rendu.

Ils subissent au quotidien :

Une absence de soutien de la part de la hiérarchie dans les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien dans l’exercice de leurs missions, que ce soit dans l’application de la réglementation, dans les relations aux professionnels ou encore face à la pression liée à la multitude de donneurs d’ordre (DG, DIRECCTE, parquet, préfet…).

Une absence de dialogue  : Lors des réunions, l’annonce des TN se résume à une longue litanie des TN avec les objectifs chiffrés à remplir :

la pertinence quant aux opérateurs à contrôler, la réalisation pragmatique des enquêtes…ne sont jamais discutées ni même abordées.

Les comptes-rendus de réunion ne restituent pas les prises de paroles des agents.

Des courriers ou données SORA sont modifiés unilatéralement.
La gestion du service est déconnectée de l’humain et se résume à la lecture aveugle des indicateurs.

Un discours culpabilisant, lorsque l’encadrement estime que :

- le volume de données d’enquête d’un agent n’est pas « suffisant » : c’est que l’agent est un tire-au-flanc ;

- les suites contentieuses d’un agent ne sont pas assez nombreuses : c’est que cet agent n’a pas voulu voir les infractions présentes lors des contrôles ;

- les délais ne sont pas respectés, cela résulte de la seule responsabilité de l’agent qui ne sait pas s’organiser.

Les conditions actuelles de fonctionnement, le mépris, l’absence totale de soutien et un discours culpabilisant permanent conduisent les agents CCRF à dénoncer ce management qui est une source de souffrance au travail.

Les agents CCRF du MORBIHAN demandent que leur encadrement prenne en compte ces difficultés et qu’un véritable dialogue soit instauré, y compris par la voie du CHSCT.

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