Article publié le 27 mars 2010.
Lettre ouverte à Monsieur le Préfet du Vaucluse
Dans le cadre des Heures Mensuelles d’Information, prises conformément au décret 82-447 du 28 mai 1982, les agents de la DDPP de Vaucluse se sont réunis afin de vous faire part avant l’assemblée générale des personnels du 29 mars 2010 de leurs inquiétudes et problèmes actuels consécutifs à la réforme de l’administration territoriale de l’Etat.
Cette réforme d’une ampleur exceptionnelle bouleverse les missions, les conditions de travail des agents et provoque des doutes dans les services, ces dysfonctionnements, inquiétudes et mécontentements étaient pourtant prévus et annoncés.
L’optimisme de Monsieur le Premier Ministre lors du lancement de cette réforme l’avait conduit à préconiser le dialogue social et la concertation. Depuis la mise en place de ces réformes, le malaise ressenti n’a fait que s’amplifier. Il s’est exprimé de manière patente lors de la HMI qui s’est tenue le 8 mars 2010.
Malgré la participation volontaire et constructive des agents, le constat est décevant. Ils ne retrouvent pas leurs propositions dans les décisions prises.
Les réunions organisées en 2009 au travers notamment des groupes de travail s’avèrent maintenant une stratégie de séduction et une parodie de concertation. En effet, la réforme se solde par bien peu de bénéfices mais beaucoup d’inconvénients pour les agents et pour les administrés.
Pire encore, la mise en place effective au 1er janvier 2010 des DDI dans le Vaucluse a entrainé de nombreux problèmes qui auraient pu être évités en prenant en considération les débats au sein des groupes de travail ou l’expérience des autres départements.
Il semble que la DDPP de Vaucluse a confondu vitesse et précipitation. Il en est ainsi des chartes graphiques, des courriers, des signatures etc. imposées au 2 janvier dans la précipitation et sans réflexion ! Cette centralisation dans l’attente des délégations de signature a rallongé les circuits, suscité des motifs d’incompréhension et créé un sentiment de défiance vis-à-vis des agents et des anciennes structures.
Nous dénonçons l’absence de transparence depuis le 1er janvier, transparence qui aurait pu compenser l’absence des textes constitutifs des instances consultatives, CTP et CHS, spécifiques à notre structure et lieux du dialogue social.
De nombreuses décisions sont actuellement prises en COPIL dans la plus grande opacité. Tous les efforts et toutes les mesures prises dans les différents services pour améliorer les conditions de travail sont réduits à néant.
La RGPP présentée aux agents comme source d’amélioration du travail de la Fonction Publique au service du public se traduit par des contraintes supplémentaires :
– Mise en place d’une pointeuse incompatible avec les missions d’enquêteurs.
– Renfoncement des strates hiérarchiques alourdissant les circuits.
– Retour à une structure départementale aux compétences limitées incompatibles avec l’évolution de l’économie.
– Plus de temps à gérer et justifier qu’à effectuer nos missions régaliennes.
– Négation de la portée interministérielle de la DPP (suppression dans la désignation)
Les agents demandent que les relations soient améliorées. Actuellement, ils ont l’impression d’être pris pour de simples variables d’ajustement. Le respect n’a de valeur que s’il est partagé.
Nous constatons qu’une hyper-hiérarchie s’impose aux agents. Que dire de la création d’un nouveau poste d’encadrement (ingénieur divisionnaire) alors que nous ne cessons de réclamer des agents de secrétariat.
Parallèlement, une seule personne a la charge des ressources humaines. Il en est de même de la suppléance à certaines missions d’agents en charge de filières spécifiques.
En ce qui concerne les locaux et le déménagement, nous demandons la participation des ACMO et inspecteurs HS des deux ex-directions et la communication des avis et rapports. Là encore il paraît souhaitable de prendre le temps de la réflexion afin d’éviter un 2ème déménagement pour remettre ces locaux aux normes comme certaines rumeurs le laissent entendre.
Les agents sont toujours dans l’expectative et souhaitent que les plans, les attributions des locaux et bureaux leurs soient communiqués dans les plus bref délais, lorsque l’on prône l’ouverture et le dialogue, cela paraît être un minimum.
Autres problèmes majeurs liés au déménagement, le parking des agents, le surcoût de restauration prandiale, leurs trajets. Une étude a montré une augmentation moyenne de 1500€ du coût annuel. Pour certains agents il atteint 2400€ (incidence des frais de garde d’enfants) ce qui représente plus d’un mois de salaire.
Les agents n’ont pas choisi cette situation. Elle leur est imposée. Or, jusqu’à présent, si chaque agent a pu faire son choix du poste qu’il occupe à ce jour, ce choix et ses conséquences par rapport à son lieu d’habitation ont été motivés par l’implantation de sa résidence administrative. Ce ne sera plus le cas demain
Ce surcoût en période de stagnation de salaire ne peut être supporté par les agents. Ils demandent des informations claires sur les solutions effectivement recherchées au problème du parking et refusent de prendre en charge la totalité de ces frais supplémentaires.
Les agents souhaitent la prise en considération de ces nombreux problèmes évoqués. Pour répondre à leurs obligations professionnelles, ils veilleront au respect de leurs droits qu’ils tiennent des dispositions statutaires réglementaires et du droit syndical.
L’intersyndicale FO-CGT-SYGMA FSU





