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Article publié le 5 août 2011.

Expression des syndicats CGT et CFDT de la Direccte Idf s’agissant du déménagement au Parc du Millénaire à Aubervilliers et du management de cette opération.

Sur le Parc de Millénaire : Premiers échos du Parc du Millénaire…. A l’eau services publics ????

Mesurée à l’aune du désastre intellectuel que constitue la REATE, l’aventure du pôle C de la DIRECCTE Ile de France ne commençait pas si mal… il faut donc croire que ce constat a été jugé intolérable. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’équilibre naturel des choses a été rétabli.

Au verre à moitié vide ou à moitié plein de la réforme…

La REATE et la RGPP ont impulsé une dynamique minimaliste de refonte des structures de l’Etat, en vue d’en obtenir une version supposée « low cost ». Du marasme dont les provinces se sont fait l’écho depuis un an et demi, on aurait pu espérer que des leçons seraient tirées… Non. Les timoniers de la machine à perdre ont au contraire décidé de produire leur chef d’œuvre en faisant de la DIRECCTE Ile de France l’un des fleurons du sabordage de l’administration.

Le choix du lieu, déjà largement commenté, s’avère aussi catastrophique que prévu ! Bien que ceint par 6 des moyens de communication majeurs d’un réseau de transports publics parmi les plus denses du monde (RER B, D et E, Metro lignes 12 et 7, autoroute A86), le site du millénaire n’en est pas moins une ile déserte ! Ces hérauts de la civilisation passent sans s’arrêter et contraignent les naufragés involontaires, que sont notamment les fonctionnaires du pôle C, à des temps de transports ahurissants avoisinant parfois les 4 heures journalières. On appréciera le gain évident pour l’organisation du travail d’enquête et l’animation prévisible que connaitront les négociations sur le règlement intérieur…

Il est également savoureux de s’attarder sur la nature du décor qui nous environne. Un doute étreint soudain l’égaré fréquentant ce lieu : est-ce une ile déserte ou est-ce l’Ile de la Tortue ? Centre névralgique de divers trafics, de bidonvilles et, la soirée venant, lieu de concentration de nombreuses arpenteuses court-vêtues. (Non le rhum n’est pas fourni.). Quoiqu’il en soit l’ambiance est des plus festives !

Enfin à cela s’ajoute un déménagement chaotique. Réalisé dans la précipitation, celui-ci a généré les classiques inconvénients liés à l’exercice : perte de cartons, matériels oubliés, mobilier en trop faible quantité, défaillances techniques… mais aussi et surtout une panne totale d’informatique qui a duré une semaine complète. Après tout, qu’est-ce que l’informatique de nos jours dans un bureau ? Un détail. Pour parfaire le tout, le service courrier n’étant pas opérationnel, il nous faudra attendre le 3 août pour les départs. Mais quelle importance ?

Ce tableau, au demeurant fort exotique, est compensé par la bienveillance de l’Etat qui heureusement pense à tout ! Par la magie des codes postaux nous sommes à Paris, et non Séquanodyonisiens ! Ouf ! Nous avons échappé au pire…
Vraiment ? Car une seconde lecture de la situation s’impose, rébarbative, conservatrice, réactionnaire, diraient nos édiles : une lecture à la lumière des principes qui régissent la fonction publique.
Si l’on procède ainsi, la gêne est vite un sentiment présent.

… s’ajoute celui d’ICADE…

Un naufrage ne sert la plupart du temps à rien, mais il arrive qu’il serve à quelques-uns. En des temps plus reculés, c’était la petite entreprise florissante des frères de la côte. Ce temps n’est en fait pas révolu !

Qu’est-ce qu’ICADE ? Une société cotée, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations qui se fait une spécialité du développement urbain. Elle met en avant des valeurs d’ « audace », de « solidarité » et de « performance. »

De quoi être confiant, sauf qu’à l’arrivée, un constat des plus amers s’impose : nous sommes prisonniers d’un concept marketing.
ICADE en bon promoteur, a avant tout pour objectif de vendre son produit. Cela repose évidemment sur une stratégie commerciale, laquelle est axée sur l’eau. Le caractère éminemment chatoyant des abords d’une branche désaffectée du canal de l’Ourcq y invitait naturellement. De là, s’est construite la façade marketing du Millénaire, qui est aussi et surtout un grand centre commercial, regroupant une part non négligeable des enseignes du commerce de détail ainsi qu’un hypermarché : « Le shopping au bord de l’eau. »

Tout tourne donc autour d’un petit bras de canal fangeux. Il n’y a pas d’accès au site ? Qu’à cela ne tienne ! Mettons en place un système de navettes fluviales sur le canal. Peu importe que ce soit long, petit (75 places) et déjà sous-dimensionné alors que nous sommes en juillet et que le centre commercial est pour le moment désert. Tant que la photo est belle !

Pour la restauration ? : ICADE ; pour le mobilier ? : ICADE ; déplacer un bureau ? : ICADE.

La raison véritable de notre présence ici apparaît en filigrane. L’administration vient sauver de la noyade ce pharaonique projet en occupant les immeubles (DIRECCTE dans toutes ses composantes, ARS), en faisant travailler les services d’ICADE, les grands groupes du BTP, les entreprises de déménagements, en étant une part non négligeable des rares clients du centre commercial (le plaisir des soldes quant il y a encore toutes les tailles vaut sans doute quelques sacrifices) et en allant jusqu’à servir de panneaux publicitaires. Les enseignes lumineuses des entreprises que nous contrôlons quotidiennement étant apposées en façade de notre immeuble, nous leur devions bien ça. De quoi attendre tranquillement que les transports arrivent enfin sur le site et déversent des flots de nouveaux clients sans mépriser le caractère bienvenu de rentrées à court terme ! L’urgence dans laquelle s’est effectuée le déménagement se comprend soudain beaucoup mieux.

…Et c’est le service public qui trinque !

Envoyer l’administration en éclaireur des grands projets d’urbanisme n’est pas choquant en soi. C’est une pratique ancienne pas nécessairement antinomique avec des notions telles que l’utilité publique ou l’intérêt général. Mais rarement la coupe aura été aussi pleine. Nous aurons contribué à la liquidation des actifs de l’Etat (combien de temps les loyers mettrons-ils à épuiser le produit de la vente ?), à la réduction de la voilure des politiques publiques, à la déconstruction d’un ministère que l’on veut plus des finances que de l’économie, à la perte d’effectivité des missions, mais consolons-nous : Grâce à nous, l’Etat soutient les entreprises et sa dette profite à quelqu(es)’un(s), c’est bien l’essentiel non ?.

sur le management de l’opération

Lettre ouverte à M. le DIRECCTE Ile de France : Nous sommes en froid !

Lettre ouverte à M. le DIRECCTE Ile de France : Nous sommes en froid !

M. Blondel, avant que vous ne trouviez l’occasion de vous féliciter dans un discours ou l’autre de l’excellence du bilan du déménagement de la DIRECCTE, il nous paraît extrêmement important que vous ayez conscience de ce qu’a été, et reste malheureusement, la réalité pratique du quotidien de ceux qui l’ont réellement subi. Catégorie de personnel qui n’a pas l’honneur de vous compter dans ses rangs.

Le Bilan du déménagement fait frémir….

L’urgence du déménagement que vous avez imposé n’est décidément compréhensible à aucun titre. Ce n’était pas une exigence en termes de service public, au contraire. Cela ne s ‘expliquait pas non plus par l’obsolescence des bâtiments de la rue de Mouzaïa qui, bien qu’imparfaits, ne menaçaient pas encore ruines. Il restait à découvrir la plus belle des incongruités : nos nouveaux bâtiments ne sont à l’évidence pas dans un état d’achèvement suffisant pour garantir des conditions de travail simplement décentes !
Heureusement qu’il a fallu reporter le déménagement, sinon nous aurions sans doute du terminer nous même la pose de nos moquettes et l’installation des néons !

Il ne s’agit pas ici de monter en épingles les traditionnelles errances des opérations de déménagement, mais de souligner à quel point les personnels sont définitivement une variable d’ajustement dans un projet pharaonique et non une préoccupation, ni pour vous, ni pour les propriétaires des lieux.

Le pôle C est resté déconnecté de son réseau une semaine entière, l’installation informatique étant défaillante à l’arrivée ; plusieurs personnes ne disposent toujours pas d’un service téléphonique normal ; l’acheminement du courrier ne se fait pas ; l’accueil des publics est des plus erratiques ; l’aménagement des bureaux pose problème ; certains cartons sont portés manquants et contiennent des dossiers ayant une nature pénale par essence confidentielle ; le système de hotline est une plaisanterie, qui renvoie en définitive à nos ressources propres. En bref, c’est la pagaille, mais celle-ci trouve un point d’orgue dans l’impréparation des locaux.

…. Mais se termine par un coup de chaud !

Les locaux étaient encore largement en chantier lors de notre entrée dans les lieux, de nombreux déchets encombraient les halls et même les ascenseurs. Les stores intérieurs comme extérieurs présentaient des défauts de fonctionnement allant jusqu’à la chute sur un agent lors de l’utilisation (à l’intérieur heureusement !). Certains collègues sont restés enfermés dans les toilettes. Enfin, la sécurité du compactus apparaît plus que douteuse.

Mais le pire allait être révélé par l’été qui, fait exceptionnel, a commencé le 1er août ! Il n’existe aucun moyen efficace de réguler la température à l’intérieur des locaux du bâtiment 2 où nous sommes installés !!! La climatisation n’est pas opérationnelle, de sorte que la température dans les bureaux est de l’ordre de 30°C. Pour mémoire, certains bureaux sont au soleil de l’après midi, n’ont pas de stores opérationnels, ni de fenêtres ouvrantes ! Quand bien même, ce serait une piètre solution ! Ouvrir les fenêtres, c’est en effet se condamner au tintamarre lancinant des climatiseurs du centre commercial (comme quoi, quand on s’en donne les moyens, ça marche !) qui ne s’interrompt jamais et connaît même des pics dus au fonctionnement périodique des compresseurs !
Ceux que la chaleur n’aura pas terrassés auront une seconde chance avec le bruit. Pour être complet la ventilation fonctionnant mais pas la climatisation, les petits malins arrivant tôt, malgré tout, pour faire entrer de l’air frais sont déçus car celui-ci est aussitôt aspiré… bien tenté. Il ne reste plus alors qu’à noyer son chagrin aux fontaines à eau… pas toujours approvisionnées.

C’en est trop, à l’inutilité de la manœuvre s’ajoute une mise en œuvre bâclée signifiant bien à tous que nous sommes quantité négligeable dans le marasme du projet DIRECCTE.

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