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Article publié le 2 mars 2011.

DIRECCTE DE PARIS - CGT - FO - CFDT - SUD - FSU : Une bouteille à la mer

A Mme la Directrice Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes,
à M. le Directeur Général de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services,
à M. le Préfet de Région Ile de France,
à M. le Délégué Général au pilotage des Direction des Entreprise, de la Concurrence, de la Consommation, du travail et de l’Emploi,
à M. le Directeur Régional, des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi d’Ile de France,

chacun pour ce qui le « concerne » (sic.) :

Une bouteille à la mer

Pas de moyens pour nos missions : nous, agents du Pôle C de la DIRECCTE Ile de France, envoyons cette motion, à toutes fins utiles, dans l’espoir fou que quelqu’un se sente encore responsable de nous, et accessoirement, des missions de service et d’ordre public qui nous sont confiées.

Alors que vos communications de début d’année regorgent toutes d’autocongratulations sur le succès de la formation des DIRECCTEs, gages de synergies, d’efficience et d’un meilleur service public, nous, agents du Pôle C de la DIRECCTE IDF, portons ces questions qui font notre quotidien :

 Pouvons-nous travailler sans fourniture ? La guerre des stylos est ouverte entre pôles ; les cartouches d’encre à imprimantes sont des nouveaux lingots d’or précieusement thésaurisés ; il y a moins de cartes de parking que de véhicules de service, de sorte que notre parc automobile, déjà insuffisant, ne peut même pas être utilisé dans sa totalité.

 Pouvons-nous travailler sans moyen de communication efficace ? Les insuffisances de la boîte « direccte.gouv.fr » (problèmes de connexions récurrents, problèmes de taille, de débit, annuaire incomplet et classé absurdement par ordre alphabétique des prénoms, pas d’accès à une boîte fonctionnelle régionale) nous obligent à jongler avec nos anciennes boîtes ccrf… tant que la sentence de mort dont elles sont frappées n’est pas exécutée.

 Pouvons-nous travailler lorsque nos courriers se perdent ou nous parviennent parfois avec plus de 10 jours de retard ? Lorsque l’accueil téléphonique ne dispose pas de la liste exhaustive des agents composant la DIRECCTE IDF ? Ainsi, est-il tolérable qu’une convocation à une audience nous soit communiquée le surlendemain de sa tenue ?

 Pouvons-nous travailler alors que de graves incertitudes pèsent sur les modalités et les délais de remboursement de nos frais de déplacement ? Est-il bien sérieux de demander aux enquêteurs en charge du respect des délais de paiement, d’accepter pour argent comptant, la vague hypothèse d’un remboursement par chèque à plus de trois mois ? La DIRECCTE prévoit-elle de budgéter des pénalités de retard pour les frais que nous avons engagés sur nos deniers dans l’exercice de nos fonctions ?

 Pouvons-nous exercer l’ensemble de nos missions alors que nous sommes en sous-effectif flagrant ? Au vu de nos conditions de travail, de cette lutte quotidienne pour le simple nécessaire, de l’horizon Aubervilliers à court terme, personne ne veut rejoindre la DIRECCTE et tout le monde veut en partir. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Effectif-cible : 80. Effectif réel : une cinquantaine. Départs programmés dans les 3 prochains mois : 4 certains et une dizaine probable après le jeu des mutations.

 Pouvons-nous continuer à être performant en l’absence de documentation juridique actualisée (non renouvellement des abonnements aux revues juridiques, LAMY de la concurrence obsolète,…) et d’identification claire par nos interlocuteurs (carte de visite non individualisée) ?

 Pouvons-nous être réellement motivés par la réalisation d’enquête lorsque des autorisations de remisage à domicile de véhicules de services indiquent que l’agent « devra en outre prendre à sa charge les dépenses de carburant », ceci quand bien même l’agent aurait terminé ses investigations à une heure ne permettant pas le dépôt du véhicule dans les locaux de la Direccte.

Solidaires des désirs d’évasion, si compréhensibles, de certains d’entre nous, nous sommes atterrés par cette carence de gestion des ressources humaines ainsi que par l’absence de réponse hiérarchique et institutionnelle à un malaise aussi manifeste. Nous ne pouvons y voir qu’un mépris complet pour le travail que nous effectuons.

A ces difficultés présentes s’ajoutent celles à venir :

 Isolement à Aubervilliers : insensibles à la propagande ICADE, nous vous rappelons que nos futurs locaux ne sont même pas correctement desservis par les transports en commun.

 Casse des réseaux : la BIEC de Paris n’est déjà plus en mesure de répondre aux demandes d’enquêtes dont elle est nationalement destinataire.

 Rupture des liens historiques : 2 changements de numéros et de coordonnées en moins d’un an et non-intégration des coordonnées de nos collègues DDPP dans le carnet d’adresses des boîtes mail DIRECCTE.

Le risque psycho-social ne vaut-il que pour l’Inspection du Travail ? Ne sommes-nous que la cinquième roue d’un carrosse bringuebalant ? Comment pouvons-nous en être réduits à demander les moyens de travailler ?

Soucieux du seul affichage de la construction de nouveaux services (que vous quitterez probablement rapidement, forts de ce prétendu succès), vous avez laissé le soin à l’intendance de suivre, comme toujours. Mais ce suivi ne vient pas et nous en payons déjà le prix en voyant nos missions s’étioler lentement. N’y prêterez-vous attention que lorsque nos résultats, si chers au pouvoir politique, s’effondreront aussi ?

Imprimé le 25 février 2011 sur nos dernières réserves d’encre
Envoyé par une boîte DGCCRF vers des boîtes DIRECCTE…si ces dernières fonctionnent !

46 agents signataires

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