Article publié le 17 mai 2007.
Déclaration des organisations syndicales CGT, FO et SNU de la région Auvergne
Nous sommes aujourd’hui réunis pour la « grand-messe » régionale annuelle, dont personne n’a encore bien compris à quoi elle pouvait bien servir. Celle de l’année dernière avait permis de revoir des collègues, mais rien d’important n’en était ressorti, à part une tentative infantilisante de retour à l’ambiance du pensionnat au moment du repas, avec un cadre « chef de table ». Pour la réunion d’aujourd’hui, dont nous avons reçu tardivement l’ordre du jour, il s’agirait de donner du contenu à l’action régionale d’après les propos de certains cadres.
Il est en effet grand temps de se demander pourquoi la direction générale a imposé la régionalisation qui n’apporte en Auvergne ni à l’efficacité du service, ni aux agents, hormis l’ajout d’un étage hiérarchique supplémentaire. Cette nouvelle organisation a enlevé toute autonomie de gestion aux directions départementales, et donc ralenti les remboursements de frais et décisions d’achats. Pour les enquêteurs, cela n’a facilité en rien leur travail, mais a plutôt généré des complications avec des questionnements réguliers sur les destinataires des compte-rendu de taches programmées par exemple.
En définitive, le but réel de la régionalisation, que l’on voit émerger plus brutalement dans d’autres régions, est bien la mise en place d’une organisation qui permettra de réduire les moyens de la DGCCRF. Et il ne suffit pas d’affirmer que l’on peut faire toujours plus avec toujours moins, pour que cela se vérifie.
L’obsession statistique, caractérisée par la mise en place d’Iris plus approprié au flicage individuel qu’à l’aide à l’enquête, et le fonctionnement par objectifs chiffrés ne garantissent en rien l’efficacité du service. Bien au contraire, nous constatons aujourd’hui les dégâts causés par cette politique en matière de sécurité par exemple. Des organisations syndicales de la police nationale dénoncent régulièrement la culture du chiffre qui pousse de plus en plus à l’action superficielle sans discernement au détriment du travail de fond. Pour la DGCCRF, le même problème se pose. La multiplication d’enquêtes programmées imposant des objectifs chiffrés, et un nombre de contrôles souvent disproportionné par rapport à la réalité économique de nos départements ruraux, enlève toute possibilité d’initiative aux enquêteurs et pousse aux contrôles « buchette ». De plus et à titre d’exemple, dans le Puy-de-Dôme, la quantité de travail n’est plus appréciée annuellement mais mensuellement, avec pour conséquence des décisions subites d’investir un secteur pour des pseudo-contrôles au détriment des programmes en cours et des missions de service public de la DGCCRF.
Cerise sur le gâteau, les statistiques ne sont pas forcément fiables. Cette culture « de la performance » découle en grande partie de la fameuse LOLF. Or deux des parlementaires qui en sont à l’origine, MM. Migaud et Lambert, ont remis fin octobre 2006 un rapport d’étape assez négatif sur la mise en place de la LOLF. Ils signalent notamment : « des indicateurs trop nombreux, insuffisamment fiables, parfois difficiles à renseigner et pouvant, ponctuellement, biaiser la conduite de l’action publique ». Évidement, la tentation est très grande pour la DGCCRF comme pour toutes les administrations d’arranger un peu les chiffres pour avoir des résultats présentables. Les parlementaires s’inquiètent également d’une « bureaucratie inquiétante » et d’une « complexité excessive » engendrées par cette loi, toutes choses que les agents de la DGCCRF, en Auvergne comme ailleurs, ne peuvent que constater tous les jours.
En définitive, non seulement ce type de fonctionnement n’améliore pas l’efficacité réelle du service public, mais il a tendance à démotiver les agents. Et ce n’est pas la notion de récompense au mérite, qu’elle soit individuelle au travers de la notation et des injustices qu’elle induit de part son postulat des "50% bons, 50% autres" ou qu’elle soit collective avec l’attribution d’une pseudo-prime de 150€ annuel, qui pourra compenser la perte d’intérêt du travail pour des enquêteurs transformés en fabricant de statistique.
Les agents attendent surtout une réelle reconnaissance de leur travail, passant par :
– des augmentations de salaire permettant au moins le maintien du pouvoir d’achat
– de véritables perspectives de carrière pour toutes les catégories et non pas , par exemple la création de quelques emplois d’inspecteur expert en lieu et place d’un véritable grade de débouché pour la catégorie A
Et pour ce qui concerne plus particulièrement la région Auvergne c’est l’évolution inquiétante des effectifs qui doit vous préoccuper, M. le Directeur Régional. Par exemple, la direction du Cantal va se retrouver à nouveau avec dix agents à partir du mois de septembre prochain, et trois départs en retraite sont possibles dans l’Allier l’’année prochaine.
L’absence d’anticipation en matière de gestion des effectifs et le non remplacement des départs à la retraite, en particulier d’ enquêteurs, principaux fournisseurs de statistiques, conduisent à une polyvalence toujours plus grande et à une surcharge de travail pour l’ensemble des agents ;
Alors nous vous interpellons M. Le directeur régional pour savoir ce que vous comptez faire pour améliorer la situation des effectifs en Auvergne et permettre un véritable dialogue entre vous et les organisations représentatives du personnel.





