Article publié le 6 juillet 2010.
CFDT - CGT - Solidaires : A Paris, la Préfecture de Police transforme l’ex UDCCRF en force d’appoint pour le maintien de l’ordre
L’UDCCRF de Paris se trouve intégrée au 1er juillet 2010 à la Préfecture de Police dans le cadre de la création de la Direction Départementale Interministérielle de la Protection de la Population de Paris (fusion de l’UDCCRF et de la DSV).
Plusieurs opérations visant les "ventes à la sauvette" associant les agents CCRF et la Police ont été programmées pour "occupation irrégulière du domaine public", et ce avant même l’intégration à la Préfecture de Police. Il s’agit en fait sous couvert de recherche de contrefaçons et d’occupation irrégulière du domaine public, infractions pour lesquelles la CCRF est habilitée, de compléter les effectifs de police pour repousser hors les murs les pauvres et maintenir ainsi un semblant d’ordre public.
Ainsi le 31 mai dernier une intervention conjointe (Police/CCRF) a été menée aux "puces de Montreuil" visant 20 vendeurs sur 50 m de trottoir, la destruction de fromages (au nombre de 3 !) impropres à la consommation, la consignation de 60 vêtements d’occasion d’une valeur globale de 18 €.
Le 29 juin le service CCRF a été associé à l’opération de police visant à démanteler un réseau de vente à la sauvette de Tours Eiffel miniatures, opération où notre valeur ajoutée est toujours à démontrer.
Le 3 juillet une seconde opération (Police, ex-CCRF) s’est déroulée aux "puces de Montreuil" et une troisième le 5 juillet.
Dans toutes ces affaires d’interventions conjointes, la plus-value apportée par notre service n’est pas manifeste. Il s’agit surtout de repousser plus loin la misère et de nous employer à des affaires de maintien de l’ordre, très éloignées de nos missions. La hiérarchie CCRF s’est très clairement impliquée dans toutes ces demandes et suggère même de renforcer les effectifs pour obtenir un effet plus dissuasif. Des objectifs en terme de mesures de consignation ont même été fixés oralement aux agents.
Dans la foulée, il semblerait que la Préfecture de Police exige que les enquêteurs ex-CCRF fassent chacun 2 ou 3 interventions dans l’année initiées par ses soins. Allons-nous devenir une force supplétive de la Police ?
En revanche il ne semble pas que des opérations communes soient prévues pour agir plus efficacement, dans le cadre de dossiers difficiles de délinquance économique, qui sont pourtant au cœur des missions CCRF.
Cette évolution est particulièrement inquiétante.





